EN - FR
MENU

Quand je fais mon travail correctement, ça a l’air facile

Luc Tremblay

Programmeur senior, Animation

Quel était ton métier de rêve quand tu étais enfant?

J’ai toujours été passionné par les jeux vidéo, donc je vis aujourd’hui mon rêve d’enfant. Mon papa m’a raconté qu’à l’âge de trois ans, alors que je jouais à l’Intellevision (notre première console de jeux), il m’a entendu dire, fâché, « Si c’est moi qui avait fait ce jeu, ça serait mieux fait! »

Si je te disais « Parle-nous de toi », par où commencerais-tu?

Par ma passion pour le jeu vidéo.

L’industrie du jeu, pourquoi? Explique-nous ton cheminement pour atterrir chez Panache.

Par un heureux hasard, j’ai terminé mes études en informatique au même moment où s’installaient à Montréal plusieurs studios de jeux vidéo. J’ai d’abord travaillé chez Microids entre autres sur Sybéria et Fort Boyard. Puis j’ai travaillé dans quelques petits studios pour élargir et approfondir mes connaissances en programmation.

Et un jour fatidique, j’ai joué à Prince of Persia: Sands of Time. Ayant la ferme intention de rencontrer et collaborer avec ces créateurs hors-pair, j’ai appliqué et décroché un emploi chez Ubisoft. Initialement, j’ai programmé sur un jeu de Star Wars pour la toute nouvelle Nintendo DS. Quelques mois plus tard, l’équipe originale de Prince of Persia m’a recruté à l’interne pour rejoindre un tout nouveau projet, Assassin’s Creed. J’y ai rencontré Patrice et Alex ainsi que plusieurs autres gens très talentueux. Pendant les trois années qui ont suivi, j’ai développé le système d’animation de combat et quelques comportements de navigation, ainsi que quelques morceaux de technologie sous-jacente permettant à autant de programmeurs de travailler ensemble sur le même personnage.

Puis un peu fatigué de travailler avec une aussi grosse équipe (et ce n’était rien à l’époque, à peine une centaine de gens!) j’ai quitté l’industrie du jeu pour créer de la technologie d’animation pour le cinéma, ce qui deviendra plus tard xtranormal.com.

Et finalement, il y a quelques années, une toute nouvelle scène de jeux vidéo indépendants a fait surface, avec des petites équipes et des petits projets passionnants et originaux, tout ce qui avait disparu pour moi avec l’apparition des méga-productions. Après quelques années à aider quelques petits studios indépendants, j’ai rejoint Alex et Patrice pour l’aventure Panache!

Quel est ton rôle chez Panache? Et concrètement, ça veut dire quoi?

Je suis ce qu’on appelle dans notre jargon un « programmeur behaviour ». Ça veut dire que j’écris du code qui fait bouger des personnages. Je traduis l’intention du joueur, soit des mouvements sur une manette, en mouvements appliqués sur le personnage. Par le fait même, j’anime aussi la caméra.

Et c’est quoi ton plus grand défi dans ton métier?

Il y en a plusieurs mais disons que, principalement, c’est de traduire une intention de design assez générale (« grimper un arbre ») en une réalisation qui prend en compte toutes les facettes et composantes que ça implique : le code en C++, les mathématiques, la physique, les animations, le level design, les contraintes de la plateforme, les limitations du moteur de jeu, et surtout, surtout, le facteur « fun ». Je crois que très peu de gens sont en mesure d’apprécier la complexité du métier. Quand je fais mon travail correctement, ça a l’air facile. Quand je le fais mal, ça ne ressemble pas à un jeu.

Qu’est ce qui t’attire ou te fascine dans les jeux?

J’adore l’immersion et la cohésion entre les différents éléments du jeu. Par exemple, Portal est un jeu qui selon moi est quasi-parfait, où tous les éléments du jeu servent à l’expérience.

Quels sont tes jeux favoris de tous les temps?

Super Metroid
Zelda: A Link to the Past
Portal
Saints Row 3
Left 4 Dead 2
Inside

Outre le jeu, qu’est ce qui te branche?

La littérature de science-fiction, la musique électronique et les excellentes séries télé.

Si tu pouvais rencontrer n’importe quelle personnalité morte ou vivante, qui choisirais-tu? Nommes en 2 et dis-nous pourquoi.

Trent Reznor pour l’influence majeure qu’il a eue sur mon appréciation de l’ère digitale via sa musique et ses entrevues.

Philip K Dick pour essayer de comprendre comment quelqu’un peut être aussi visionnaire qu’il l’a été.

Si tu devais écrire une autobiographie aujourd’hui, quel titre lui donnerais-tu?

Ma vie de codeur

Si tu pouvais avoir un super pouvoir, lequel choisirais-tu?

Le super pouvoir de rester calme peu importe la situation!

Et pour terminer, en vrac :

Ton plat préféré?

La tourtière de ma maman.

Tes endroits préférés à Montréal?

Le Café La Touche, le Vieux-Port, le parc Lafontaine.

Ton café, tu l’aimes comment?

Noir et amer.

Ton fond d’écran?

Une superbe photo en noir et blanc d’un écureuil.

Ton moment favori de la semaine au bureau?

Le game review du vendredi où on voit tout le travail effectué par l’équipe au courant la semaine.

Qui a eu le plus d’influence sur toi professionnellement?

Un certain Richard Dumas qui, par son travail sur Assassin, m’a fait réaliser que quand tu es programmeur, « Rien n’est vrai, tout est permis ».

Ainsi qu’un certain Devine Lu Linvega, aka Aliceffekt, aka Neauoire, qui m’a montré qu’on peut appliquer ce principe à sa vie.

Le meilleur conseil qu’on t’a donné?

Écoute!